Bien conseillés par Hamza, notre hôte de la ferme caméléon, on prend un bus pour rejoindre Tanga. Ce n’est pas aussi grand que les bus longue distance. Ce n’est pas non-plus un daladala. Par contre, même principe, on part quand le chauffeur et son collègue portier/caissier considèrent qu’on est assez nombreux ! Arrivés à la gare routière du Lushoto, on achète des provisions et c’est parti pour 5h de route.
À chaque pause c’est le même cinema. Les vendeurs ambulants nous voient de loin, courent après le bus et présentent leurs produits bruyamment. Ils arrivent même à ouvrir les fenêtres depuis l’extérieur pour tendre les paquets de chips ou épis de maïs à qui serait alléché par l’odeur. Si l’un d’eux parle anglais, il fait le spectacle devant ses collègues. On commence à connaître quelques prix acceptables. Par exemple, celui qui veut nous vendre son épis de maïs à 5000 shillings a beau tenter le coup, il ne nous aura pas ! Même son copain avait vu qu’on ne se ferait pas avoir sur ça, mais il insiste, peut-être pour faire le spectacle ! Lors des pauses, nous ne maîtrisons pas trop les usages. On ne sait jamais si on a le temps de descendre, d’aller faire pipi ou se dégourdir les jambes. Un bon repère, c’est si le conducteur s’en va … Mais comme il se fait toujours garder le siège par un collègue, on n’est jamais sûr qu’il va pas repartir direct… c’est assez drôle comme pratique d’ailleurs. Sûrement pour éviter de se faire voler le bus alors que le moteur reste allumé pour refroidir après la conduite sportive !

Notre prochain hébergement est encore loin. Après les 5h de bus, il faut un peu plus d’une heure de bajaj pour s’y rendre. D’abord de la voie rapide (pas si rapide quand il y a de grosses côtes…) puis une longue piste. Au bout de la piste, un village de pêcheurs, rouler sur les filets étendus par terre n’inquiète pas notre chauffeur. Nous sommes accueillis par Johnson, originaire du Kilimandjaro au large sourire. Ici, c’est la villa Matalai. Belle maison dans un style qu’on pense swahili. Le bois est sombre, la déco de très bon goût et les grandes pièces sont ouvertes sur un jardin. Et quel jardin ! Il y a de l’ombre, de l’herbe des fleurs et de beaux arbres. Comme le dit avec humour la propriétaire, mama Sarah, c’est dur de vivre ici avec des fleurs qui bourgeonnent en permanence ! Comme nous serons les seuls client pendant notre séjour, nous pouvons choisir la chambre … Le choix est difficile entre la « maison de pêcheurs » et la « maison du cocotier ». Les deux sont splendides, entourées d’arbres et décorées avec autant de goût que la maison principale. Nous choisissons la chambre, que dis-je, la suite, autour du cocotier ! Au rez-de-chaussée, la salle de bain ouverte sur les cocotiers et bananiers, un salon, un bar pour travailler l’école et un bout de plage avec transats en cordages. À l’étage, les deux chambres avec vue sur la plage, les bateaux de pêcheurs en bois et la mangrove.

Dès l’arrivée on se sent bien ici. On part rapidement se baigner et on est rejoint par 3 garçons qui essayent de suivre Médy en crawl. Sacha se débrouille très bien à nager sans brassards dans la mer. Les garçons montrent à Sacha tout ce qu’ils trouvent comme coraux et coquillages au fond de l’eau. Quand il les lance dans la mer, les enfants replongent et retrouvent les mêmes trophées. D’autres copains nous rejoignent pour sauter de la plateforme flottante. On les aura croisé tous les après midi.

La première journée, nous la passons à flâner dans le jardin et sur la plage. Les enfants jouent avec les chats, le chien et observent les crapeaux et geckos. Nous entendons également des galagos mais impossible de les voir, ils sont trop timides ! Au moins, ça nous aura permis de savoir à quoi ressemble leur voix qu’on avait déjà entendu ailleurs.
Avant le coucher du soleil, on part en kayak vers la mangrove avec le proprio. Cette végétation est sauvage, très différente de celle que nous avions vu à Zanzibar. Heureusement qu’on est accompagnés pour revenir une fois qu’on s’est enfoncés entre les arbres. En chemin, comme le matin, nous croisons pas mal d’oiseaux qui se régalent sur l’estran ou guettent du haut d’un arbre. Mais il y a un couple de cigognes aux couleurs bizarres qui attire notre regard. Pourtant elles ont un vol si caractéristique, ce ne peut pas être une espèce de héron. On a la chance que des ornithologues aient fait un séjour à la villa Matalai avant nous. Ils ont fait un inventaire précis des espèces observées dans les environs du village de Kwale. Nos oiseaux sont donc des cigognes à col laineux !

Le second jour, nous décidons d’aller visiter les grottes d’Amboni. C’était Richard qui nous en avait parlé en premier. Hamza avait aussi évoqué cet endroit. Nous sommes guidés en français par Emmanuel, un nouveau copain pour discuter avec les enfants ! À l’intérieur, 10 000 chauve-souris vivent là. L’odeur est forte et le bruit impressionnant. Elles volent dans tous les sens mais ne s’approchent jamais de nous. Plein de légendes entourent cet endroit dans les profondeurs de la terre. À un croisement, si on va à droite on ressort à Monbassa au Kenya et à gauche, à Dar es Salaam. Il y a aussi cette famille de britanniques qui ne voulaient pas payer les services d’un guide et qui ne sont jamais ressortis. Sauf le chien, trouvé une semaine plus tard au pied du Kilimandjaro ! Sous la roche, toutes les imaginations sont permises. On embarque dans un avion, on observe la vierge Marie, un pénis, on fait l’ascension du Kili, etc. Ça fait du bien d’être au frais aussi !

Comme la visite des grottes nous a approché de Tanga, on va y faire un tour. Le matin, nous avions pas mal discuté avec Johnson en attendant le daladala. En plus des détails sur ses vies antérieures, il disait que peut-être, il serait possible de faire Tanga – Dar Es Salaam en train. Pour en avoir le cœur net, il faut se rendre à la gare. C’est malheureusement une fausse piste. Les gens de la gare sont adorables mais il n’y a plus de train de passagers qui part de Tanga. Tant pis, on prendra une nouvelle fois le bus ! On en profite pour manger en ville, faire un petit tour, puis on retourne à notre chère maison cocotier. Comme Eliott le réclame depuis quelques jours, on veut rentrer en tuktuk bleu. On en trouve un mais le chauffeur roupille … on va en trouver un autre ! C’est sans compter les gens qui nous ont vu scruter le bajaj. Ils se font un plaisir à le réveiller, ils discutent du prix en anglais à sa place et c’est parti les kikis. Il roule à deux à l’heure … on se demande si on va réussir à monter les côtes qui nous attendent ! Quand on s’arrête à la station essence on se dit qu’il n’avait plus de carburant, d’où la conduite très douce. Bah en fait non, c’est reparti à une vitesse de tortue … polé-polé ! Tout le monde se marre en nous voyant, on se demande bien ce qui les fait rire. Ce chauffeur est-il connu comme le loup blanc, les tuktuks sont-ils incongrus par ici, c’est sa vitesse qui les amuse ? On en vient à se demander si la peinture bleue est pour les chauffeurs handicapés.

Pour le dernier jour à Kwale, nous profitons de ce bel endroit pour faire un tour en voilier en bois. Le bateau avait été en réparation tout le temps de notre présence. Millimètre par millimètre, un ouvrier a martelé pendant 3 jours de la fibre entre les planches pour l’étanchéité. La plupart des bateaux du coin est faite du bois de mangrove. Le proprio nous dit qu’il y a un artisan au village qui connaît toutes les formes de tous les bateaux du coin. Quand il faut trouver un nouvel arbre pour remplacer un morceau abîmé c’est lui qu’on appelle. Il sait exactement où aller pour couper le bon arbre à la bonne forme. Nous partons donc vers 10h avec cap’tain Saidi et cap’tain Bwana.

Après avoir navigué contre un vent du sud au moteur, on met les voiles pour remonter de l’autre côté de l’île à mangrove. On repère une grosse méduse transparente. À la pointe nord est, il y a pas mal de rochers avec une construction datant de l’époque de la colonisation allemande. Passé ce point, on commence à apercevoir des coraux au fond de l’eau. On peut bientôt s’arrêter pour aller nager un peu. La marée descend, le tirant d’eau est d’un mètre pour une profondeur de 2 ou 3 mètres. Pendant que les capitaines font cuire les crabes, poissons et chapatis, on part nager. C’est un festival de couleurs ! Les poissons sont multicolores, bariolés, rayés et de toutes formes. Sacha ne sait plus où donner de la tête entre les oursins, les étoiles de mer, les poissons et les coraux ! Eliott lui n’est pas très rassuré… il préférera attirer tous les poissons d’un côté du bateau en leur jetant les restes du repas. Ce n’est que plus tard qu’il accepte de partir explorer les lieux en kayak avec Estelle et cap’tain Bwana.

En arrivant à marée basse nous beachons sur un banc de sable excentré de la villa. Les enfants nous attendent, ils nagent jusqu’à nous en discutant avec les capitaines du bateau : Estelle entend le mot Chappati. Ils nous aident à décharger et ramener les affaires jusqu’à la maison avec un peu de kayak et la marche sur le sable découvert par la marée. Sacha et Médy restent jouer dans l’eau avec les enfants tandis que Estelle va prendre une douche à côté d’un Eliott qui écrase. Ils assistent au goûter délicieux des enfants : crabes et chappatis engloutis en quelques minutes avant de retourner jouer dans l’eau ! Certains enfants se baignent tout nus. Ça aide à déculpabiliser quand Eliott se fait la malle le zizi à l’air !

On quitte notre maison coconut et ce bel endroit emprunt de nostalgie. Le taxi nous amène au sud de Tanga, à Mwambani. Nos derniers jours sont très chouettes au bord de l’océan : piscine et jeux (dont une tyrolienne), grand jardin, mais surtout une grande maison que pour nous, où on peut cuisiner, laver, traîner sans soucis ! Les boda-bodas nous amènent facilement jusqu’en ville. Heureusement qu’ils sont là car on a pas mal marché autour de l’hébergement, on y a seulement acheté des cacahuètes.

Plusieurs fois, des personnes nous demandent si nous avons été à Pangani. On se dit que cela vaut le coup de voir l’embouchure du fleuve qui prends source dans les montagnes. Première étape de la journée : acheter les tickets de bus pour descendre à Dar le lendemain. On part ensuite en bus après une attente d’1h environ. On est consolés en voyant la vitesse à laquelle il roule sur les pistes. Les différentes mélodies du klaxon nous amusent énormément. Le retour en dala-dala est beaucoup plus long mais pas si reposant que ça ! On est serrés comme de sardines (bisous doux Jo et Marion) à 30 personnes là-dedans. Juste pour préciser, un dala-dala dans cette région c’est un mini van avec des bancs ! Cet article est sympa si vous voulez vous faire une idée, les 4 premières photos correspondent exactement au dala-dala en question !
On a découvert les rues de Pangani. La destination initiale étant son resto-musée tenu par un napolitain, en bordure d’estuaire. On a aussi traversé les chantiers des bateaux et la collecte des noix de coco dont on n’a pas bien compris la finalité. Un petit tour sur la plage et hop retour à la gare des bus.

Après ces derniers jours dans le nord est du pays, nous redescendons à Dar es Salaam le mardi. Nous y passerons 2 jours pour régler des petits détails avant de prendre le train Tazara. Nous irons alors plein ouest en direction de la Zambie, prochain pays prévu dans notre périple familial ! Départ du train prévu le vendredi 9 octobre à 14h. Il paraît que c’est l’aventure autant de part les paysages traversés que par sa ponctualité plus qu’approximative !
Tres beau voyage. Les enfants ont l’air heureux et découvrent plein de nouvelles choses. Ils ont l’air de faire de belles rencontres. A l’heure où je vous écris, vous devez être dans le train…..bon voyage. A très vite bisous à tous les4.😘
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