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Compléments d’un safari inoubliable

Bien que l’article précédent soit bien plus long que ce que nous avions l’habitude de publier jusqu’à maintenant, il nous reste beaucoup de choses en tête. La semaine a été extrêmement dense, difficile de tout se remémorer et de tout écrire en une fois. Quelques photos s’étaient aussi cachées dans les entrailles de nos téléphones ! Ce second article est l’occasion pour nous de prolonger encore un peu plus les émotions fortes vécues dans les parcs du nord de la Tanzanie.

Banc du campement – même pas peur !

Il y a le lodge-camping « foot on africa », où nous avons passé 2 nuits, en haut d’une montagne, on passe une grande bananeraie et une jolie rivière pour le rejoindre. Nous campons dans cet endroit magnifique, avec une herbe qui donne envie d’enlever ses chaussures, et une piscine débordante tout en haut. La douche et les WC communs sont propres, on trouve de l’eau chaude. Seul point négatif : il y avait des moustiques … L’endroit est juste magique, et c’était super d’y faire escale à deux reprise !

Partie de foot au bout du chemin !

On s’est senti si chanceux d’avoir un cuisinier avec nous… Et surpris de ce qui peut être préparé au fond de la brousse : frites, pizzas, popcorns et pâtes ont côtoyé riz, salade, chapati, crêpes et fruits frais. Comment Innocent fait-il avec une seule petite glacière ? On n’a pas percé tous les mystères, mais on a été bluffés ! Innocent nous racontait qu’il est capable de cuisiner seul pour un groupe allant jusqu’à 15-20 personnes. Alors notre famille doit être bien facile pour lui !

Tartine de miel adorée par Sacha

Avant de vivre cette expérience, nous nous demandions si nous saurions apprécier les moments auprès des animaux sauvages. On ne savait pas vraiment si on serait à l’aise sans se sentir au milieu d’un zoo géant. Même la porte d’entrée des parcs nationaux ressemble à l’entrée de Planète Sauvage près de Nantes. À moins que ce ne soit l’inverse ? Au final, à plusieurs reprises, on s’est bien dit que c’était unique. Rien à voir avec les réserves animalières qu’on a pu visiter auparavant. Au-delà de l’espace quasi infini dont disposent les animaux, on sent la présence d’un écosystème. Quand un prédateur rôde, tous les herbivores sont aux abois, en alerte pour éviter d’être le prochain à passer à la casserole. Il y a aussi les charognards qui sont toujours à proximité… mais pas trop quand même ! Ils observent, suivent de loin tentent des approches … Tous se guettent dans une tension palpable. Quand on observe un buffle ou une girafe, il y a les oiseaux qui volettent autour, les papillons en premier plan. Les éléphants sont toujours en mouvement, sur d’immenses espaces, … Pour nous, c’est un feu d’artifice de sollicitations. Il y a des actions dans tous les sens. C’est comme si nous étions au milieu d’un film d’action ! Sauf que c’est la nature qui nous offre le spectacle. Car des humains ont choisi d’arrêter de chasser sur ces immenses territoires. Mais aussi de préserver ces écosystèmes fragiles.

🦁 + 🐊 + 🦛 + 🐘

On vous a peu parlé de la poussière : pourtant elle a été présente tout au long du safari. Les pistes sont sèches, la poussière est fine, le toit reste ouvert toute la journée, il y en a partout en fin de journée. Même si Silver fait attention de garder ses distances avec les autres, il peut arriver que nous suivions un autre véhicule sur plusieurs kilomètres. Médy et Sacha, qui restent souvent debout par le toit ouvrant, sont bien contents d’avoir leur tour de cou pour se protéger la bouche et le nez. Après plusieurs douches, on en trouve encore dans des coins d’oreille ou de nombril ! Pour les cheveux longs, je conseille une bonne tresse !

Doudou prend un bon bain !

La grande proximité sur toute la journée n’a pas toujours été facile pour nos deux polissons. Mais il y a eu de nombreux grands moments de complicité. Sacha était heureux de montrer tout ce qu’il voyait à son frère. Eliott développe son langage de façon très chouette. Il sait compter jusqu’à 10 en swahili, alors qu’il ne le fait pas encore en français ! L’interro-négative qui n’attend pas de réponse « on n’est pas bien là ? » est beaucoup utilisée par ces joyeux coquins !

Complicité entre frères

Pouvoir se lever dans le 4×4 est un réel plaisir. Les enfants se sentent comme dans un manège quand Silver prend de la vitesse sur les pistes. Nous pouvons observer l’horizon et le bosquets en quête d’animaux.

Aucune proie à l’horizon

Quel bonheur d’être le premier ou la première à débusquer une bête cachée. Un signe au ou du chauffeur, sans trop de bruit pour ne pas la faire fuir, et à nous le spectacle ! Être les premiers signifie de profiter seul pendant quelques minutes. Et summum du luxe, dans le silence si les enfants dorment ! … Texte écrit pendant qu’Eliott joue au ballon dans le salon de la guesthouse en claquant la porte à chaque fois qu’il entre et sort … Revenons à nos (gros) moutons ! Nous nous retrouvons ainsi à observer seuls une lionne qui cherche sa prochaine victime. Elle monte sur une termitière, s’assoie, tourne et retourne … On s’émerveille de « peu » !

« Moi je suis un grand pirate »
🎶 « Jambo … Jambo bwana (…) Serengeti yetu … Hakuna Matata » 🎶

Mais aucun des tanzaniens et tanzaniennes avec qui nous en avons discuté n’ont profité entre amis ou en famille de ces lieux grandioses. On mesure le décalage entre notre chance et leur vie difficile : voyager en Tanzanie, pour eux, c’est toujours pour le travail ou les événements familiaux. On a croisé pas mal de bus scolaires dans les parcs les plus proches des villes. Il est possible que la jeunesse locale en profite plus. Pourtant il y a toujours énormément de gentillesse et d’envie de partager leur quotidien et leurs pistes pour l’améliorer. On est heureux de ne pas avoir pris de nuit dans les lodges dont l’emplacement et la déco semblaient vraiment privilégiés. Mais aussi, où nous nous serions sentis encore plus en décalage.

Les singes n’ont besoin de personnes pour aller goûter l’arbre voisin

Une safari inoubliable

Le rendez-vous est fixé pour 8h le mardi matin. Tout a été organisé à l’avance avec l’agence qui emploie des guides francophones. Silver (prononcer Silveri) sera notre chauffeur guide pour les 6 jours d’expédition. Nous aurons également avec nous un cuisinier, Innocent, qui nous rejoindra à la fin de la première journée. Depuis quelques semaines, on suit le compte Instagram de l’agence, Miles to smile, qui poste les plus beaux clichés de ses guides et clients. Nous sommes tous les 4 impatients de ses lancer dans l’aventure. On se demande bien comment ça va se passer, cloisonnés dans un 4×4 toute la journée, parfois à patienter en silence. Vous vous doutez bien que la patience n’est pas le plus gros point fort de certain(e)s d’entre nous ! De plus, nous avons eu plusieurs accidents de pipi la nuit ces derniers jours. Jusqu’alors, les couches lavables avaient suffit. Mais avec ces accidents, on prend quand même un paquet de couches jetables.

La fine équipe dans « notre » camion pour la semaine

Tarangire

Mardi matin donc, nous voilà en route pour le premier parc national, Tarangire. Nous faisons connaissance avec Silver, les enfants posent mille questions en même temps. Eliott fait rapidement part de son amour pour les tuktuks. Ça tombe bien, avant d’être guide, Silver a été chauffeur de tuktuk pendant 2 ans ! Ça y est, il n’en fallait pas plus, il est adopté ! Après 1h de route, les questions se font plus rares. Sacha demande « quand est-ce qu’on arrive ? » toutes les minutes et Eliott s’endort. Evidemment, c’est à 15 minutes de l’entrée du parc que Sacha s’endort à son tour ! Sur le bord du chemin, les mega termitières nous accompagnent. De plus en plus de baobabs aussi en s’approchant du parc. Dès l’entrée, nous rencontrons des oiseaux d’un bleu de morpho. Sylveri est incollable, ce sont des spréo superbes. De jolis singes blanc sont également là, ce sont des vervet. Ils sont mignons avec leur tête noire.

Photo de Sacha, d’un spréo superbe !

Dès le passage de l’entrée du parc, c’est un défilé de rencontres. Après avoir trouvé une lionne se prélassant dans un arbre, de nombreux zèbres, gnous et oiseaux sont rassemblés au point d’eau. On commence à y découvrir les ambiances safari. Dans l’ensemble, on constate qu’il y a une agréable politesse entre les chauffeurs-guides. Mais il arrive parfois que certains s’arrêtent en plein dans le champ d’observation. C’est ce qu’il nous arrive en regardant les zèbres en train de boire… Le temps de se dépatouiller en manœuvrant, ils sont partis ! Les termitières ont grossit à mesure que les baobabs gonflent eux aussi. Certaines se confondent avec des éléphants ! On a même la chance d’observer les premiers pachydermes pendant le repas. Une famille se rafraîchit dans la rivière qui fait un méandre en contrebas de l’air de picnic. Une fois le repas englouti, nous repartons en quête d’animaux sauvages. On s’amuse à observer un phacochère trottinant et se posant sur les genoux pour manger. Sur les plus hautes branches d’un arbre, à l’ombre d’un feuillage dense, un énorme hibou observe les environs. Il est vraiment très gros, facilement le même poids que Sacha … tout habillé … tout mouillé … après avoir mangé 12 délicieuses bananes !

Picnic avec vue

Le toit ouvrant du 4×4 fait le bonheur des enfants. L’absence d’interdiction de ceinture aussi ! On se demande bien comment on va faire au retour en France, pour les garder assis et attachés, ne serait-ce que pour un trajet d’une heure … Pour le moment, on profite à fond ! La quête d’animaux aux jumelles, debout sur ce qu’on peut, les cheveux au vent, ça donne un sacré sourire !

Silver nous conduit comme un chef. Il maîtrise la conduite sur pistes avec dextérité. Il répond à toutes nos questions, débusque de belles bestioles et profite du spectacles patiemment avec nous. Eliott tombe amoureux des girafes. C’est vrai qu’elles sont belles à manger les feuilles que peu d’autres peuvent atteindre. Nous apprenons à reconnaître les mâles. Comme ils se battent régulièrement, ils n’ont plus de poils aux cornes ! Au plus profond du parc, nous faisons un pause au pied d’un énorme baobab. Il est creux et on remarque encore les trous creusés par les braconniers pour se cacher en escaladant dans les hauteurs de la « grotte ». Malheureusement, de nombreuses défenses ont été cachées là par le passé.

Ngorongoro

Un brouillard dense nous accueille au fur et à mesure de la montée du flanc du cratère au Ngorongoro. On distingue quand même une flore luxuriante. Elle est marron, couleur de poussière créée par les véhicules qui empruntent notre chemin, verte un peu plus loin. Quand la vue se dégage, on aperçoit les troupeaux conduits par les maasaï, et leur aura si particulière, bâton en main. Ils ont un pagne rouge si caractéristique, mais aussi vert ou violet parfois. Nous les avons croisé un peu partout depuis notre arrivée en Tanzanie : sur les plages de Zanzibar, à Dar et sur les routes. Depuis hier et pour les jours qui suivent, nous sommes sur leurs terres, en particulier dans cette zone de conservation qui leur a été attribuée par l’état tanzanien. Nous apercevons un de leur village. Les enfants passent à côté des énormes travaux en haut du cratère, ils se sont endormis.

Silver attaque une descente impressionnante sur la route pavée réservée aux 4 roues motrices. C’est le premier éléphant qui réveillera la jeunesse déjà émerveillée. La pause WC se fait juste à coté d’une zone humide appréciée par un magnifique buffle, des oiseaux, les bruits de batraciens, des libellules et autres insectes en prime… Deux « big five » en 30 minutes, Sacha est aux anges. Il s’amuse d’ailleurs à remettre les compteurs de « big five » à zéro chaque matin…

On s’approche du lac en observant une faune multiple : les flamants roses côtoient les gazelles et les outardes. Deux jolies grues royales se promènent également fières de leur parure. Plus loin, un serpentaire cherche sa prochaine proie. Un peu plus tard, on observe les buffles, les zèbres et gazelles devant une rivière qui se jette dans un plan d’eau. Le bal des aigrettes, canards et autre volatiles qui semblent bienheureux de leur condition de vie quand … mes yeux se posent sur une lionne ! Mais il y a 2 lionceaux avec elle ! Notre observation est bien moins paisible : Médy repère de suite les félins décrits par Estelle, Silver juste après avec un joli compliment, « you have good eyes » ! Ho, elle se lève ! C’est aussi l’excitation dans les véhicules qui nous entourent. Le moment est magique. La lionne observe un instant, se lève et part tranquillement vers la rivière, les lionceaux suivent. Elle traverse d’un bond… les petits sont obligés de passer par l’eau, ils hésitent, mais leur maman continue à avancer, il faut bien y aller ! Le premier saute dans l’eau et traverse, suivit avec plus de réticence par le second. Il faut rattraper maman, les lionceaux courent derrière une lionne toujours en chemin vers … les gazelles ! Une hyène suit la troupe à mi distance entre notre véhicule et le trio. Silver suit avec adresse, et d’autres nombreux véhicules, l’avancée de la lionne. Elle est loin, nous ne pensons pas la déranger. Après une prairie et une coline, on la voit prendre une vitesse folle. Mais les gazelles qui ont déjà bougé plusieurs fois étaient en alerte, elles s’enfuient. Les lionceaux mettent du temps à rejoindre leur mère, allongée, qui a l’air de ne pas faire cas de cette tentative loupée. Nous avons du mal à nous en éloigner. Deux chacals, en premier plan, attendaient avec impatience de pouvoir se tailler une part du gâteau. Ce ne sera pas pour cette fois-ci !

Les autruches aux cuisses musclées, la course de deux phacochères, la horde de gnous et la hyène qui termine sa carcasse nous amusent bien ! Silver échange avec un autre conducteur… et il fait demi-tour pour prendre une piste croisée plus tôt. Ici c’est un beau rhinocéros qui se dore la cuirasse. Quatre « big five » en comptant les lions … le « nipe tano » ou « give me five » de Sacha à Silver est plein d’enthousiasme !

Après toutes ces émotions dans le cratère du Ngorongoro, il est temps de manger puis de prendre la route. Les pélicans profitent de la piscine des hippopotames pendant notre repas. Pour notre part, nous devons toujours surveiller les oiseaux voleurs de casse-croûte qui rôdent dans les parages. Nos voisins se font d’ailleurs chiper une cuisse de poulet par un rapace à l’affût.

Ce soir, nous dormons dans un camp au milieu du parc national du Serengeti. Il y a de la route ! Et pour sortir, une belle montée nous attend. Comme pour descendre, cette piste est pavée. Cela n’empêche pas notre pilote d’enclencher les 4 roues motrices. Une fois sur la crête, nous traversons de nouveau plusieurs zones de chantiers. Et maintenant, place à la descente vers les pleines. Le regard encore affûté, Estelle repère une girafe entre les arbres. Mais quelque chose ne tourne pas rond … Silver et Innocent se parlent d’un ton inquiet. Le copilote passe la tête par la fenêtre et observe le rétroviseur sous tous les angles. On fait des zigzags puis on s’arrête pour faire un tour du 4×4. Il y a bien un bruit au niveau d’une roue qui inquiète l’équipe dans le cockpit. Rapidement, un 4×4 s’arrête pour aider à trouver la source de ce bruit inhabituel puis un second. On est rapidement 5 ou 6 autour du camion à regarder cette roue avant gauche … Un des chauffeurs s’étant arrêté passe un coup de fil, montre la roue braquée en vidéo et écoute attentivement les conseils du télé-mécanicien. On cale les roues, on fait jouer le volant, on tape là où il faut puis 2-3 coups d’accélérateur. On repart, plus de bruit … Magnifique ! Heureusement car Silver commençait à stresser un peu. On en rediscutera plus tard et effectivement, il commençait à envisager des solutions de secours qui auraient eu un impact sur le programme ! Rouler de nuit pour arriver au clair de lune dans ce fameux parc à la faune accueillante est quelque chose qu’on préfère éviter !

Pause mécanique
Eliott, fan de girafes, ici au coucher du soleil

Serengeti

Les nuits dans le Serengeti n’ont rien d’équivalent pour nous. Il y en a trois de prévues. La première et la dernière au centre du parc et la seconde plus au nord en allant vers la rivière Mara. Dès le premier soir ça commence, après le coucher, peut être dix minutes après que Silver soit venu discuter avec nous. Plusieurs personnes disent avoir croisé des lions près des toilettes. Ils parlent vite, avec un mélange de peur et d’excitation. Le cri si reconnaissable des hyènes retenti également plusieurs fois dans la nuit. Silver nous dit en avoir vu une passer devant le 4×4 lorsqu’il récupérait quelque chose. Pas de chance pour lui, ce n’est pas ce jour là qu’il prendra une douche !

Le second soir, au nord, on est réveillés (Estelle et Médy) par un rugissement énorme. On dirait que ça vient du milieu du camp. Il est suivi par le cri d’une femme puis plus rien … pendant facile 5 minutes. Estelle a le cœur qui bat à toute vitesse. Les enfants dorment toujours. On se chuchote ce qu’on peut. On n’entend absolument rien, pas même une bête qui s’en va. Et finalement les phares d’un 4×4 s’allument, un moteur démarre et le véhicule fait un petit tour. Quelques fermetures éclaire s’ouvrent puis des voix se lèvent pour discuter. Uniquement en swahili… Estelle aimerait bien sortir discuter avec eux. Mais elle a trop peur ! Son cœur bat toujours très fort. On estime la distance, 4 mètres pour Estelle, 10 mètres pour Médy. On n’est pas sûr de la sorte de bestiole que nous venons d’entendre, lion pour Estelle, guépard ou léopard pour Médy. Pas facile de se rendormir après ces émotions. Le lendemain, Silver confirme qu’il s’agit d’un lion et qu’il était vraiment proche. Il nous confirme égalent que la bonne réaction est d’absolument ne rien faire, ne rien dire. Toute réaction pourrait de nouveau énerver l’animal.

Le troisième soir, de nouveau au centre du parc, c’est un éléphant qui met l’ambiance ! Ce dernier, s’est promené autour des tentes entre 11h du soir et 3h du matin. Les cuisiniers ont bien tenté de le faire partir en claquant les portes métalliques des cuisines … rien n’y a fait. Innocent et ses collègues ont un sacré rythme. Ils se couchent entre 11h et minuit après avoir nettoyé et rangé tout leur attirail. Après un micro nuit, ils se lèvent vers 4h pour préparer le petit déjeuner et le déjeuner !

Lever de soleil sur le campement

Jeudi, c’est la première journée complète dans le parc national de Serengeti. Le programme est simple, on sillonne les pistes à la recherche d’animaux à observer. Tout le monde est à l’affût pour être le premier à débusquer une bête sauvage plus rare que les autres. Évidemment, les impalas, gazelles, gnous, zèbres, kobs et babouins sont partout. A la fraîche, au point d’eau, plusieurs spécimens se sont donnés rendez-vous. Nous avons sous nos yeux, en même temps, un crocodile, des éléphants, des hippopotames et une lionne ! Chacun est occupé à sa quête de nourriture, plus ou moins fructueuse selon l’espèce.

Magie de l’instant

En fin de journée, il y a systématiquement un pétage de câble… les enfants chantent à tue-tête. Ça fait beaucoup rire Innocent qui apprend vite les tubes préférés de nos artistes ! Silver et Innocent ont tous les deux des enfants de l’âge de Sacha et Eliott. Ils ont peut-être été sélectionnés pour ça. En tous cas ils sont dans le bon mood pour échanger avec eux et ça fait plaisir ! Ils ont aussi beaucoup de patience pour eux. Même pendant une crise, de l’un … puis de l’autre, ils sont toujours patients sans aucun signe d’agacement. Même lorsque cela arrive quand on observe un léopard qui dort !

Oasis paisible du léopard
Avec le zoom, on voit mieux ses grosses pâtes !

Nous ne croisons des léopards que 2 fois. La première fois dans un écrin de verdure. Le spot semble vraiment agréable. Il n’a absolument pas envie de bouger de son perchoir. Pas même Sacha qui rouspète bruyamment de ne pas voir ce dernier « big five » tant espéré ! Heureusement qu’il a réussi à régler sa mire et il croise enfin le regard avec le félin. Le second spécimen est également repéré dans un arbre. L’emplacement semble tout de même moins confortable, au milieu de la savane. Il bougera les pattes arrières une ou deux fois ! La question posée lors de son observation est de savoir s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. Selon Silver, sa position est typique des mâles, avec une patte repliée sous le ventre.

Léopard mâle ou femelle ?

Au second jour dans le Serengeti, le réveil est encore plus tôt que les précédents. Départ à 6h après avoir tout plié, nous prendrons le petit dej en attendant la grande migration. La route vers la rivière Mara est pleine de surprises. Avec le lever du jour, les buffles, gazelles, éléphants, semblent si paisibles. Une famille de guépards profite des premiers rayons du soleil pour le bonheur de nos yeux. On reprends la route et ce sont ici deux lionnes, le museau encore rouge, qui tiennent à distance de leur casse croûte les hyènes et rapaces qui attendent leur tour. Ailleurs, deux hyènes femelles corrigent un mâle qui leur a manqué de respect. Quelques kilomètres plus loin, une course de phacochères. Puis ici une nuée de vautours et 4 hyènes se partagent une carcasse. On se sent si chanceux d’être presque seuls sur ce chemin.

6 guépards au petit matin

On sent notre objectif de la journée se rapprocher, les colonnes de gnous sont de plus en plus nombreuses. Quelques zèbres par ci par là. Après le calme des premières heures du jour, Sacha et Eliott chantent à tue tête : a a a a la queue leu leu ! Nous arrivons à 8h30 au bord de la rivière, où nous prenons le petit dej face au tant attendu spectacle … à côté de plus de 50 véhicules ! Estelle fait le service du petit dej’ préparé avec soin par Innocent. Pendant ce temps la tension monte : les gnous sont de plus en plus nombreux, plusieurs se rapprochent de l’eau, les colonnes de gnous derrière poussent les premiers, on sent la traversée imminente… pourtant on voit bien les gros crocodiles attendre, immobiles comme des bouts de bois.

Les gnous descendent boire mais ne traversent pas

Comme pour chaque observation d’animaux, tous les moteurs sont éteints. C’est assez surprenant d’être si nombreux à être silencieux… sauf quand Eliott pique la crêpe de Sacha ! Les gnous remontent, et semblent se diriger vers ailleurs, on les suit ! Sur ce nouveau poste d’observation, une famille allemande séparée dans 2 4×4 fait plus de bruits que nos loulous … qui commencent à s’ennuyer ferme ! On sort la toupie et on poursuit le petit dej pour Eliott, on lance le listing des mots commençant par « cr » pour Sacha. Crocodile (comme celui énorme devant nous qui attend bouche ouverte que les oiseaux viennent lui nettoyer les dents, ou les 5 là bas sur la plage), croustillant, crever, crème, cristal, crier, crotte, cracher, croute, crevette, etc. Heureusement que le vocabulaire français est riche, Sacha adore apprendre de nouveaux mots : on renonce à expliquer créance !

Ça se densifie de l’autre côté de la rivière Mara

Une mama et son petit éléphanteau traversent la rivière. Aucun croco ne les embête, et on apprécie le spectacle du petit accroché à la queue de sa maman avec sa trompe sur la zone la plus profonde. L’heure du déjeuner arrive, Silver nous amène en haut d’une coline, à l’ombre d’un arbre, on peut observer 3 zones de passage possibles. Mais ça ne passe toujours pas. On se promène ensuite le long de la rivière. Croco, ibis et une famille d’éléphants se moquent des voitures sur leur zone de vie. Ils semblent tous nous ignorer royalement.

Et les gnous ignorent aussi royalement le flot de touristes qui les observent. Ils ne traverseront pas aujourd’hui. On se demande si Sacha n’a pas parfois fait du bruit pour éviter de voir les gnous se faire croquer ! De notre côté, il est temps de rentrer avant la nuit pour notre dernier bivouac au Serengeti. Sur le retour nous longeons plusieurs milliers de gnous, qui ont déjà traversé, en route pour rejoindre la zone de naissance propice au développement des bébés gnous.

Une des nombreuses colonnes de gnous

Puis nous quittons le parc pour traverser des villages et leurs habitants toujours occupés. Quand on rentre à nouveau dans le Serengeti, c’est le premier lion que nous croisons, en lune de miel avec deux lionnes. Silver nous explique qu’une fois cette période passée, le mâle s’en ira de son côté.

À quelques kilomètres du bivouac, une grande famille d’éléphants s’apprête à traverser quand nous arrivons. Silver arrête le moteur tout près d’eux. Je me demandent s’ils ne vont pas interrompre leur traversée. Pas du tout. Le moment est magique. Tous les éléphants nous contournent de très près. Je vois clairement les mamelles gonflées d’une mama éléphante grandiose. Même les tous petits nous frôlent, ce qui montre qu’ils n’ont pas du tout peur de nous. J’apprends que les mamans allaitent leurs petits 3 à 5 ans. Et que tous les adultes élèvent – protègent – nourrissent ensemble tous les petits. Il n’y a pas de combat pour savoir qui sera le chef, car la cheffe sera toujours la plus vieille et en forme. Wahou. Je vous aime famille éléphant.

Girafes du soir

Les girafes nous accueillent aussi, paisibles, occupées à se nourrir des meilleurs feuilles des grands arbres. C’est le lendemain que nous assistons à un entraînement au combat entre deux girafes mâles. Leurs coups de tête avec l’élan de leur cou est surprenant. De l’autre côté de la même plaine, une maman guépard est en promenade avec ses 4 petits. Ils gambadent dans tous les sens, la mère continue sa traque sans sourciller. Les bébés reviennent toujours en trottinant.

4 petits guépards et leur maman

Ce samedi, on avait prévu de se diriger vers la sortie à 11h. L’heure est déjà passée mais on s’approche d’un arbre à saucisses quand même. Drôle de choix alors que les éléphants, majestueux, sont un peu plus loin. Silver nous dit qu’il y a des phacochères allongés à l’ombre. Quelle blague … ce sont deux lions aux crinières splendides qui profitent de la fraîcheur de l’arbre ! On les observe, ils nous surveillent, c’est intimidant. Leurs mouvements sont lents, pleins de nonchalance. Même le battement d’oreilles pour chasser les mouches semble repus d’un repas durement mérité. Au moment de partir, en se retournant, les éléphants se sont approchés de nous. Ils se dirigent droit sur nous. Sacha s’inquiète, vont-ils être mangés par les lions ? Aucune crainte, bien au contraire ! En voyant les deux frères, une mama éléphant pousse un coup de trompette. Les deux félins s’éloignent, toujours nonchalamment.. dans le plus grand respect pour les pachydermes. La place est maintenant pour la troupe à trompes qui se régale des saucisses. Ça fait bien rire Eliott de les voir apprécier les saucisses autant que lui ! Pas tout à fait les mêmes … pas la même taille non plus, celles-ci peuvent peser 15 kg !

Repos à l’ombre
Quand la famille éléphant débarque, tout le monde débarrasse le plancher

Ce superbe moment de vie est une belle façon de terminer notre rencontre avec le Serengeti “kwahéli Serengeti”, au revoir la pleine sans fin. Le retour à Mto Wa Mbu se fait par le cratère du Ngorongoro : la route est longue mais nous finissons la journée par des passes au foot sur les hauteurs, pour notre dernière soirée et nuit en safari au milieu des bananeraies.

Lac Manyara

Pour ce dernier jour à 6, on part à la découverte de la faune et de la flore du lac Manyara. Forêt tropicale humide, elle a des airs de forêt guyanaise. Les singes nous accueillent : vervets, singes bleus, babouins, ils se déplacent, se nourrissent, s’épouillent, jouent, sautent, se battent, se câlinent… Eliott les adore. Il ne veut pas continuer à avancer : « stop stop ! Whaou ! Ho il court vite vite ! »

Une forêt aux airs de Guyane

Ici ce sont les éléphants qui nous émerveilleront toute la journée : du solitaire à la famille, de la très grosse au tout petit. En particulier le bain de deux mastodontes : il y a 2 voitures qui les observent déjà quand nous tombons sur les deux frères. Dans une baignoire de boue, ils se lèvent et se rallongent : on peut voir leur plaisir ! Quand ils sortent, c’est pour se gratter vigoureusement partout avec les arbres aux formes variées et parfaites, celui-ci pour se gratter les aisselles, celui-ci le dos, celui-ci les fesses.

Un bon bain pour la peau

On croise aussi de nombreux oiseaux : calao à bec d’argent, calao terrestre, aigrettes, hérons, pélicans, guêpiers, rapaces… Nous sommes émerveillés juste avant notre repas en assistant aux plongeons de martin pêcheurs pendant quelques minutes, on est tous subjugués !

Nous sommes en retard pour quitter le parc, Silver roule vite pour rattraper le temps… c’est sans compter le “chablis” de lions qui se prélassent. Deux jeunes lionnes et un jeune lion, dont la crinière n’a pas encore poussé, nous observent arriver, ralentir, puis les admirer. Quand nous décidons de passer à côté d’eux, nos regards sont dans les leurs, personne ne respire, whaouh, quel moment nous venons de vivre encore. Kwahéli Simba, kwahéli lac Manyara, merci d’exister, merci la nature, merci cher guide, merci de prendre aussi le temps de dire à revoir aux éléphants. Kwaheli Tembo !

Gros plan sur les lions

Les enfants ont du mal à laisser partir Silver et Innocent, la vie était vraiment chouette en leur compagnie. La dernière heure, Sacha et Eliott ont chanté et débusqué les tuktuks, chacun sur un genou du chef cuisto… merci cher Innocent !sûrement heureux de rentrer avec nous dans sa famille, il nous confie être né dans cet hôpital, à quelques centaines de mètres de notre futur hébergement. On vérifie qu’on a rien laissé dans un coin du 4×4 devant nos hôtes : les prochains jours devraient être plus tranquilles dans cette guesthouse au pied du mont Mérou.

Kwaheli tembo !

Du réconfort à Arusha

Après la déception de n’avoir pas pu prendre le train entre Dar Es Salaam et Arusha, la journée de samedi est assez difficile. Les enfants ayant bien dormi dans le bus, sont en pleine forme ! Nous on est crevés et a bout de nerfs. L’écrin de verdure de notre hébergement est appaisant : moutouchi, arbre du voyageur, bananiers, … En fin d’aprem, on va se promener pour prendre l’air. Ce sont les grands arbres aux petites fleurs violettes qui ravissent Estelle. Le soleil est en train de descendre, on aperçoit le mont Meru qui surveille la ville, les tuktuks animent les rues. Il y a même un temple hindou doré au coin de la rue. Les questions de Sacha sont rigolotes. Il vient de lire des Astérix dans la bibliothèque de l’hôtel. Il se demande donc si les indiens ont vraiment existé : « Est-ce qu’ils existent encore ? », « Ce sont des personnages fictifs les indiens ? », etc. Cette sortie fait du bien avant de retourner manger et vite aller se coucher !

« Il est à qui ce château ? »

La nuit est réparatrice. Nous partons un peu avant 10h le dimanche pour découvrir le marché central d’Arusha. Evidemment, on y va en tuktuk ! Les enfants se battent pour être à la fenêtre. Pas facile de respecter l’interdiction de sortir la tête ! Ils voient bien tous les autres véhicules les frôler, mais c’est plus fort qu’eux… Pour limiter les bagarres, on a scellé un deal ! Celui qui n’est pas à la fenêtre a le droit de payer la course. Pour le moment, ça fonctionne assez bien !

Les rues d’Arusha sont animées

Le marché nous en met plein les yeux et les narines. On trouve de tout, chaque recoin a sa spécialité. Les couteaux, outils et rémouleurs par ci, les épices par là, les fruits et légumes ici, les poissons là bas, en passant par les volailles ou graines sèches. Tout le monde nous sourit, fait des checks aux enfants ou veulent les prendre dans les bras (elle est pas née celle qui arrivera à les attraper…) ! « Membo » -> « Poa » ; « Jambo » -> « Jambo, Jambo » ; « Karibu (kaka en option) » -> « Asante (kaka en option) » ; « mais, vous parlez swahili ?! » … 😁 Loin de là mais ça fait chaud au cœur de voire ces sourires si sincères ! Il y a aussi quelques échoppes de confection de vêtements. À la couturière qui cravache devant, on demande si elle fait aussi des réparations. Le patron nous indique le coin où aller, de l’autre côté de la rue. Ils sont des dizaines à réparer tout ce qui peut se réparer en continu. Estelle est enveloppée d’une étoffe maasaï pour retirer sa jupe. Et c’est parti, la réparation est exécutée avec dextérité en deux temps trois mouvements sur une belle machine à coudre à pédales. Par la suite, on mettra bien une minute à retrouver l’endroit de la reprise tellement c’est bien fait. On paye, beau sourire, puis c’est reparti pour rafistoler une housse de banquette !

Ça défile chez les couturières

Au fond d’un immeuble, on suit les recommandations pour essayer un restaurant indien. On se régale et en plus, il y a une figurine d’un tuktuk bleu. Les préférés d’Eliott en ce moment ! La mission qui suit : battre le fer tant qu’il est chaud ! Direction la gare pour collecter un maximum d’informations. Tous les bureaux sont fermés, mais les portes restent ouvertes. Un monsieur nous donne tous les renseignements dont nous avons besoin. Retour à l’hôtel… en tuktuk ! Eliott dort comme un loir et ne voit pas passer le trajet. Après avoir pris le goûter au bord de la piscine, il nous semble important que les enfants se dépensent. Il y a une mégalopole aire de jeux dans un centre commercial à l’autre bout de la ville. On y trouvera peut être un barbier pour aller en safari bien rasé ? Les enfants s’amusent comme des petits fous, je me fait raser la barbe et nous rentrons en tuktuk bleu. Sur le retour, c’est festival. Engins de chantier pour les enfants, coucher de soleil sur le mont Meru pour les adultes.

La vue du tuktuk bleu

Le lundi, nous sommes réveillés par des singes qui se courent après sur le toit en tôle de notre hébergement… Dès le réveil, Eliott veut aller à la grille pour voir si des tuktuks passent par là ! Sur les coups de 9h à nouveau, nous partons marcher le long de la rivière repérée la veille. On longe de petites parcelles de cultures, on observe un martin pêcheur et un rapace qui guettent. Sacha est déçu que personne ne sache siffler fort dans la famille, ça nous permettrait de rappeler les tuktuks qui nous ont raté. Pendant la sieste du petit frère, Sacha et Estelle se mettent à des exercices. Au programme du jour, des additions et de l’écriture en attaché. Nous passons le reste de la journée entre piscine, comptage de tuktuks et passes au foot.

Belle verdure en pleine ville

La ville d’Arusha nous a fait oublier les déboires du trajet de vendredi/samedi. La tristesse est mise de côté. Les sacs sont presque prêts, on a rendez-vous demain à 8h pour partir en safari !


À propos

Nous sommes Sacha, Eliott, Médy et Estelle … la SEME (prononcer « sème » ou « s’aimer ») family en voyage par delà les océans. De août 2026 à juillet 2027, c’est parti pour l’aventure en Afrique australe et dans l’océan indien. Le reste du temps, nous vivons en Charente Maritime, à Rochefort. Le jour du départ Sacha aura 5 ans, Eliott 2 ans (et demie), Estelle 37 ans (trois quarts) et Médy 38 ans. Nous avons créé ce blog pour vous emmener dans nos sacs à dos. Profitez … réagissez et voyagez avec nous !

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