Train Tazara de Dar es Salaam à Kapiri Mposhi

Avant de se diriger vers l’ouest, nous passons 2 jours dans les environs de Dar es Salaam. Nous avons choisi un quartier du nord de la ville, en bord de mer. Le premier jour, nous avons quelques démarches importantes à faire que l’on règle le matin avant de rentrer se poser. Juste avant la nuit, on trouve un trou de souris entre les grands hôtels pour rejoindre la plage.

Le deuxième jour, nous allons au parc aquatique réparé la veille à deux pas de l’hôtel. On arrive à 9h55 pour une ouverture à 10h. On est suivis par 3 autobus remplis d’enfants prêts à s’éclater. Les cent gais lurons nous font tous un check en passant devant nous. Dans les bassins et toboggans, ils sont tous adorables. Ils s’amusent avec Sacha et Eliott et sont super attentionnés avec eux. Même si Eliott se permet de bouder car il ne voulait pas être porté dans les escaliers ! On discute aussi beaucoup avec Precious, une congolaise installée à Dar. La journée passe très vite et les enfants s’endorment en un rien de temps !

Rien de mieux pour s’endormir qu’un tuktuk après la piscine

Ça y est, on est le vendredi 9 octobre, c’est le grand jour ! Nous avions réservé nos billets dès notre arrivée en Tanzanie. Vous ne le saviez peut-être pas (!) mais on aime les trains ! Quand on part en vacances, on essaye de favoriser ce moyen de transport. Et Sacha a vite pris goût aux trains aussi. Pour ses 4 ans, il avait eu en cadeau un très beau livre sur les lignes ferroviaires les plus emblématiques du monde (merci encore Lucille & collègues !). Cette ligne reliant la Zambie à l’océan indien en fait partie ! Nous sommes tous très excités. On a vérifié 12 fois l’horaire histoire de ne pas se planter avec l’heure swahili… On n’est jamais sûrs à 100% mais ça semble bon pour cette fois-ci. Grâce à Céline, nous avons même le numéro WhatsApp du chef de station. La veille au soir il nous propose de nous recontacter avec les détails de bonne heure le jour j. Le départ est prévu à 14h, il est demandé d’être en gare à 12h. On a 1h de route : on prévoit de quitter l’hôtel à 10h. Nos sacs bouclés (avec le stock de papier toilette pour le train), nous voilà en route dans le tuktuk. Comme on n’a toujours pas de nouvelles du chef de station, on vérifie les infos sur insta. Un post publié à 9h30 évoque un départ du train de Mlimba à 2h du mat’ … et en légende, départ de Dar es Salaam le samedi 10 à 10h … Ah ! Bon … on finit la course de bajaj quand même, histoire de se faire préciser tout ça sur place. Au guichet, on nous confirme bien qu’il n’est pas utile de rester là, le train n’est toujours pas revenu de sa précédente rotation. Maintenant il faut trouver un endroit où passer la nuit. On trouve un hôtel plus proche de la gare, bien noté sur Booking et Google. On y va directement sans réserver, au culot … on a bien fait ! La chambre est presque 2x moins cher qu’en ligne ! Parfait pour attendre la journée ! L’hôtel est très original. Il y a plein d’immenses aquarium à l’extérieur. Dans l’herbe du jardin, des lapins gambadent. Et en plus il y a une piscine. Pour clôturer cette chouette journée inattendue, le repas y est très agréable ! Merci pour la surprise Totara 🙂

Le sympathique conducteur de badjadj a proposé de nous ramener à la gare. 7h30, ça a l’air un peu tôt par rapport à ses habitudes. Mais il est là à 7h25, prêt à nous embarquer, avec en plus d’hier, un sac de 4 box de petit déjeuner (on avait commandé 2, on veut pas vexer, c’est gratuit). Arrivés à la gare à 8h, on lui laisse une box histoire de ne pas gâcher, cela lui donne un grand sourire !

8h : à l’étage de la gare, il y a du monde partout. Sur les sièges mais surtout à terre. Beaucoup ont dû dormir dans le coin. Les femmes créent une zone pour les enfants, avec leur bagages et grands tissus, les enfants sortent évidement régulièrement de la zone. Mais il reste des places assises. On s’installe sur des sièges en refusant l’aide des porteurs : on veut garder nos bagages avec nous.

Plan complet de la ligne TAZARA : TAnzania ZAmbia RAilway

9h : la police rameute tout à coup toute la gare sur notre zone d’attente. On est serrés comme des sardines, on laisse 2 sieges sur 4. Là, affiche sur les bienfaits de la police en fond (tenue par deux policiers tout le long des discours), 3 discours en swahili qui finissent par des questions / réponses ou un débat géant, on ne sait pas trop. Quand j’essaie de faire taire Sacha au début, une dame me fait comprendre qu’il peut parler, on s’en fou de ce qu’ils disent. Mais le silence malgré le monde est impressionnant ! On sent que les futurs voyageurs sont un peu … réticents à applaudir. Je vous raconte pas la tête d’une dame quand la speakeuse a pris sa fille, moins de 2 ans, dans ses bras en parlant des totos et mtotos, à quelques mètres de nous, en regardant Eliott. Nos voisins riaient bien. Photos et cameras partout, je me demande où les images sont / seront diffusées. La petite avait l’air d’accepter, mais elle a vite couru dans les bras de sa maman une fois déposée au sol.

10h15, les discours finissent. Bon c’est sûr, le train ne partira pas à 10h. Un jeune homme à t-shirt blanc me traduit le conseil d’une vieille femme : ne pas appuyer les enfants sur la rembarde de l’étage, on a pas envie d’un accident grave maintenant. J’écoute sa sagesse et je l’explique aux garçons qui commencent à s’ennuyer ferme. On lit un livre. Je demande au jeune homme ce que c’était que ces grands discours : il rigole avec ses copains. Et il répond : safety, it was just safety. C’est court comme réponse, mais je sens que ce n’est pas la peine d’insister.

10h30 annonce suivie d’applaudissements : le train partira à 12h, il faut se préparer au départ ! Merci jeune homme au t-shirt blanc pour la traduction. En visitant la gare, on découvre une salle d’attente pour la première classe. Il n’y a plus de sièges assis, mais ça occupe Eliott de faire des allers retour entre cette zone et celle de nos sièges. On passe aussi par une petite porte pour regarder le manège autour du train : ça décharge encore. Tuktuks, triporteurs, porteurs, … Le quai plein à craquer a l’air de se vider doucement. À 11h, cette porte est fermée à double tour.

Encore de l’activité pour vider le quai

11h15 : c’est l’heure d’embarquer. On ne se presse pas trop, on a la chance d’avoir notre cabine attitrée, contrairement aux passagers de la 3eme classe. Là c’est le bonheur : monter dans le train, installer nos affaires, découvrir les couchettes, saluer nos voisins et tous les passants, et observer un autre manège, le chargement des wagons d’en face.

Bon voyage !

12h, ça charge toujours, les toilettes ne sont pas accessibles tant qu’on est a quai, on est contents d’avoir pris nos précautions avec les enfants avant de quitter le hall de la gare. Table de billard, armoires, lits, matelas, motos, box en bois … Et il va sans doute falloir attacher ces wagons aux nôtres. A quelle heure va-t-on partir ? On fini nos box de petit dej’. Il fait chaud, vraiment. J’en sors l’éventail pour la première fois du voyage.

Encore un petit mètre cube dispo par ici ?
Quelques bananes sont encore là !

13h, on quitte la ville, l’intendante du wagon passe nous saluer, elle est disponible pour quoi que ce soit. Les vendeurs ambulants sont moins nombreux que ce qu’on imaginait. Mais on fait le plein d’eau et de pop corns ! Dehors, les enfants courent vers le train approchant. Les sourires et les cris s’ajoutent quand ils voient les grands et petits Mzoungou les saluer par la fenêtre, pour notre plus grand bonheur.

Le doux cliquetis des rails nous accompagne tout le long. Le rythme est paisible, on a le temps de profiter du paysage. Nous traverserons quelques réserves d’ici 2-3 heures, Médy en profite pour piquer un petit somme sur la couchette en hauteur. De nombreux passagers se promènent, nous aussi d’ailleurs. Nous sommes dans l’avant dernier wagon. Le dernier est rempli de militaires. Ils passent nous dire bonjour, font des checks aux enfants, demandent comment ça va. L’une d’elle essaiera tout le voyage d’avoir ne serait-ce qu’un bonjour d’Eliott… ce coquin a la caboche bien dure, il se cache systématiquement ! Ça la fait bien rire et elle s’amuse à lui dire bonjour à chaque fois qu’elle passe.

Au grès des promenades avec les enfants pour se dégourdir les jambes, on découvre de nouveaux recoins. En allant le plus en avant possible, on remonte les wagons de classes supérieures. Nous avons un compartiment de première classe, chacun d’eux a 4 lits couchettes. Ensuite on traverse les wagons de seconde classe. Ils ressemblent aux premières mais avec 6 couchettes par compartiment. Le passage est un peu plus encombré déjà. Devant ces wagons, c’est la voiture restaurant. Les congélos sont remplis de poisson et poulet. On ne cherche pas trop à savoir si le frais est maintenu sachant qu’il n’y a pas d’électricité lorsque le train est arrêté. Sur quelques banquettes, les petites mains s’activent pour éplucher et couper les pommes de terre. On aura le droit aux frites une seule fois. Après, soit c’est riz, soit c’est ugali. Au delà c’est la troisième et dernière classe. Il y a 5 ou 6 sièges par rangée. On ne sait pas vraiment car il y a tellement de monde que les allées sont pleines. Ça ri et ça discute, c’est un joyeux bazar dans la bonne humeur !

Les couchettes supérieures ont du succès

Toujours en se promenant, il arrive qu’on trouve une porte déverrouillée. On en profite pour passer la tête dehors un peu plus librement que dans les fenêtres guillotines. Au début ça fait un peu peur de s’approcher du bord. Mais en se tenant bien ça fait se sentir comme dans les films ! On arrive même à atteindre la porte tout à l’arrière. Un simple fil de fer la garde fermée. La tentation est trop forte avec Eliott ! Avec maintes précautions, on s’installe là à regarder défiler les rails entre nos jambes. Ici aussi on se sent aux côtés d’Adrien Brody à bord du Darjeeling limited ! En remontant le train, le chemin est barré. Dans le wagon des militaires, un gradé sermonne un plus jeune d’un compartiment. Les autres qui sont autour oscillent entre amusement et gravité. Au bout d’un moment, ils nous font signe de passer. Le gradé prend Eliott par la main pour lui cacher le compartiment et moi je file droit. Quelques temps plus tard, un jeune militaire, habillé en civil fait de nombreux aller-retour avec d’énormes sacs en toile de jute sur l’épaule… ce doit être lui le fautif !

Le samedi soir, le train fait escale à Kisaki alors que le soleil approche de l’horizon. On achète un œuf dur qu’Eliott veut casser sur sa tête. Peut être que c’est une façon de montrer qu’il est un grand pirate !? Nous nous éloignons de notre wagon avec Sacha à la recherche de nourriture qui convienne aux enfants. En chemin, on se fait héler par une vendeuse de barquettes de viande. Après un échange plein d’incompréhension, on finit par comprendre. La dame est trop petite pour donner la boîte à la dame qui passe la tête par la fenêtre du train. Sur la pointe des pieds, je fais la transmission et la dame jette son billet par la fenêtre. Ça fait un peu bizarre mais une règle valable en train et bus veut qu’on ne paye ses achats qu’après avoir reçu son achat. Sinon, on risque de n’avoir ni l’un ni l’autre !

Soleil couchant sur Tazara

Après cette escale, la nuit est tombée. Rentrés bredouilles de la chasse au repas, heureusement qu’on peut commander une assiette de poulet frit et riz dans le train. Les deux loustics commencent à piquer du nez quand nous recevons l’assiette. Les enfants sont excités de dormir dans les couchettes supérieures mais Eliott s’endort avant. On le cale sur la banquette inférieure histoire qu’il ne tombe pas.

Eliott tel un pacha, dort encore à 8h !

Au court de la nuit, on dort plutôt bien avec Médy, il y a quelques arrêts, mais on se rendort vite. A un moment, on est réveillés par les saut du wagon. Le train a l’air de rouler très vite, et je décolle de ma couchette du haut à plusieurs reprises. On se rendra compte plus tard qu’on a eu la même pensée : pas étonnant qu’il déraille ce train vu comment il saute haut ! Petit aparté : oui, on ne l’a peut-être pas dit mais ce train a peut-être déraillé début octobre…

Le matin, le réveil est tout en douceur, dans les montagnes. On peut profiter du calme et de la vue en amoureux. Le bercement du train est efficace. Estelle part à la recherche de nourriture pour adoucir le réveil des enfants. 7h, c’est trop tôt pour les clients du restaurants qui en sont encore à la bière de la nuit. La serveuse me renvoie dans ma cabine, en prenant quand même ma commande. Elle nous apporte 1h plus tard la soupe, 2 chappattis, du pain de mie et de la saucisse. Tout le monde se régale !

En fin de matinée, la chaleur revient, on arrive dans la pleine aride. Les baobabs sont immenses et nombreux, les villages sont rares. Souvent ce ne sont que 3 / 4 maisons traditionnelles. On croise aussi quelques troupeaux avec leur accompagnateurs.

Retour en force des baobabs

Le midi, on s’arrête à Makambako, grosse bourgade avant Mbeya notre terminus avant une escale d’une semaine. Quarante minutes d’arrêt, on est large pour aller chercher à manger autour de la gare. On se ravitaille en noix de cajou, cacahouètes, accras et beignets. Ce aussi ici qu’on a la dernière mise à jour de l’heure d’arrivée du soir. Comme à chaque fois, estimatif qu’on dépassera allègrement !

Inspection des environs

En préparant cette aventure en train, nous pensions voir beaucoup plus de vendeurs et vendeuses ambulants lors des arrêts. Il y en a bien quelques uns mais pas autant que ce qu’on pouvait imaginer. Surtout comparé aux arrêts en bus dans le nord est du pays. Il y a aussi très peu de fruits en vente, on ne s’y attendait pas. On se rend compte malgré tout que les vendeurs se concentrent autour des wagons de troisième classe. Ce sont surtout les seuls wagons qui s’arrêtent au niveau du quai ! Maintenant que nous avons capté l’astuce, on demande le temps d’arrêt à l’intendante et on part se promener loin de notre wagon. Ca fait bien stresser Sacha qui a peur que le train parte sans nous ! Au contraire, les pauses ont tendance à être plus longues que prévu … BIEN plus longues que prévu ! Régulièrement, on voit passer une story Instagram précisant les nouvelles heures de passage. Systématiquement, le temps de trajet s’allonge et l’heure d’arrivée à Mbeya est plus qu’incertaine. Nous ça nous est complètement égal ! On tient juste informée notre hôte du dimanche soir et ça suffit. Comme arrêt mega long, il y a surtout celui d’Igurusi. Des militaires armés de fusil font un tour minutieux de la marchandise du train sur le rail d’en face. Ils inspectent chaque wagon, chaque scellé puis remontent dans notre train. Ils sont tout sourire, font des checks aux enfants et repartent se poser. À l’arrière on s’est posés avec Sacha pour regarder ce qu’il se passe. Il y a du monde assis sur les rails, ils regardent ce qui semble être un discours. On ne sait pas vraiment ce que c’est, la source du bruit est cachée par le train dont la marchandise intéresse les militaires. Quand 4 femmes viennent taper la discute, le monsieur qui tient un drapeau nous signale le départ imminent. Super, ça commençait à être long pour certain(e)s ! On se retrouve tous les 4 dans notre compartiment à zyeuter par la fenêtre. Il se passe encore facile 30 minutes avant qu’on ne bouge enfin ! La locomotive s’éloigne du train d’en face, revient vers le notre, on ne sait toujours pas ce qu’il se passe ! On finit par redémarrer, tout doucement. On voit enfin défiler les chargements des premiers wagon du train d’en face : d’énormes rouleaux de tôle métallique. Ce wagons n’auront finalement pas bougé d’un centimètre… mystère !

Deuxième soleil couchant sur le Tazara

Nous finissons par arriver à Mbeya vers 20h le dimanche. Il fait frais, il est temps de ressortir les pulls. Ouf des bajaj attendent, en route pour dormir sur les hauteurs de la ville.

2 commentaires sur « Train Tazara de Dar es Salaam à Kapiri Mposhi »

  1. Quel beau voyage…..Heureusement que vous aimez les trains…..encore de nouvelles découvertes pour les enfants malgré la longueur du trajet……bonne continuation. Je vous embrasse

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer