Lacs de cratères sur la route du lac Malawi

À la descente du train, nous prévoyons de rester 3 jours à Mbeya. En plus de découvrir la ville, nous avons pas mal d’administratif à régler pour la suite du voyage. Pas facile d’avoir ne serait-ce que 30 minutes de concentration possible avec ces enfants. Encore moins facile d’avoir ce moment à deux pour décider de la suite de notre périple. On découvre des endroits sympas, on se permet des repas dans les bouibouis du quartier et des retour à la chambre de nuit. C’est toujours sympa de rester 3 nuits minimum à chaque endroit. Ça permet de trouver ses repères et de mieux connaître le coin dans lequel on fait escale.

Délicieux barbecue de poisson !

C’est notre futur hébergeur qui nous mets en contact avec un guide local. Grande gueule, fier de sa situation, il respire la joie de vivre et la maîtrise de la situation.

Vous vous doutez que ce n’est pas forcément notre type de personne favori : il laisse tout en place, les autres passent derrière pour nettoyer. Musique à fond, même pour demander son chemin. Il la baisse seulement quand il s’adresse aux personnes qu’il connait et aux personnes âgées. Le son est très bon dans la voiture, gims est suivi de chanteurs locaux, Aya Nakamoura nous ambiance après un premier « papaouté » de Stromaé !

Pont naturel fait de roche volcanique

Il nous fait découvrir avec respect 3 surprenants endroits. D’abord le Daraja Mungu, un pont naturel impressionnant, fait de roche volcanique. La rivière a un sacré débit et son tumulte impressionne Sacha. Quelques kilomètres de pistes plus loin, nous sommes face à une cascade derrière laquelle on peut passer. On passe sous la rivière, sous le plateau solide qui nous protège. En reprenant la route, on traverse des champs de thé. Leur couleur si étincelante est toujours si particulière.

Cascade, vue de dos

Et pour finir le lac du cratère … Dans lequel les garçons sont si heureux de se baigner ! Sur un côté de nous à droite au loin, caché par les arbre, c’est la zone de bain. À gauche, des amoureux discutent. Plus loin ce sont des enfants qui jouent. Il y a pas mal de déchets au sol mais cela n’enlève rien au charme de l’endroit !

Paisible lac de cratère

Il nous propose aussi un barbuc, qu’il prépare en laissant Sacha et Médy l’aider, jusqu’à la nuit qui s’installe. C’est tout à fait délicieux. Il nous fait déguster plusieurs morceaux cuits parfaitement. Mais il a cuisiné pour 10. Même si Sacha et Eliott se régalent, on ne pourra jamais manger tout ce qu’il a préparé. J’espère qu’il a partagé tout ça avec les voisins ! Ou plutôt que notre hôte, Daniel, a partagé tout ça avec les voisins.

Un barbeuc plein à craquer !

La soirée finit avec des bières et le téléphone, à partager des sons mythiques. Cela me fait penser aux soirées il y a bien longtemps avec les copains ! Gangnam style, wriggle wriggle wriggle et papaoùté ! Eliott s’endort dans mes bras. Sacha est captivé par la débauche d’énergie. Moi, tout ce bruit m’épuise. Bonne nuit !

Au petit matin, c’est le même, musiques qui s’enchainent en attendant le petit déjeuner. Nous n’avions convenu qu’une journée de « guide », on a l’impression qu’il pense qu’on passera les 3 jours ensemble. On a sûrement pas été assez clairs. La conversation courageuse se passe bien. Et il salue joyeusement les enfants en partant. On aura quand même payé 2 jours. En même temps la première journée était vraiment chouette. C’est juste que notre façon d’être n’est pas compatible avec ce type d’accompagnant.

Une poule au réveil

La suite de la journée est bien agréable : Daniel nous amène à une piscine naturelle. La marche jusqu’à la rivière est courte et très sympa, majoritairement à l’ombre. L’endroit est super, entre deux « rapides » rocheux, la rivière a creusé profondément. Je saute, Médy plonge, Sacha nage, Eliott jette des cailloux et joue avec les bâtons dans le courant. Sacha le rejoint. Daniel s’essaie aux plongeons. Bonheurs simples, seuls en pleine nature.

Plongeon dans la piscine naturelle

On profite aussi du magnifique jardin de notre hebergement : la Gwankaja farm lodge. Débuté il y a à peine 3 ans, la végétation du jardin est magnifique. Nous sommes au milieu des papayers, bananiers, manguiers, orangers, arbres à tomates, cassavas, et j’en passe des dizaines d’autres. Mais tout cela n’est que pour la consommation de la familles et les résidents. Les produits qui se vendent bien ici c’est l’huile de palme et … les fèves de cacao ! L’huile de palme sert aux consommations locales, on est loin de la culture industrielle.

Un jardin comme ça en 3 ans … le rêve !

Le cacao, lui, est vendu à l’export. Plusieurs sortes d’arbres poussent ici. Certains ont des fèves rouges et d’autres vertes. Dans tous les cas, elles doivent devenir jaunes pour être mûres. C’est surprenant de les voir pousser un peu partout sur l’arbre, même sur le tronc à quelques centimètres du sol. En ouvrant une fève, Daniel nous fait goûter la pulpe qui entoure les graines. C’est sucré et même si on sent des saveurs rappelant le chocolat, on en est encore très loin. Quand on circule dans les parages, les graines sèchent au soleil sur de grandes nattes. L’odeur est plus ou moins forte selon la maturité des graines.

Des fèves de cacao partout !

On découvre avec Daniel et son fils Dawson les bords du lac – cratère voisin. De nombreux oiseaux, têtards, nénuphars, arbres-racines, … On escalade les morceaux de bois pour avoir de beaux points de vue et faire de jolies photos ! Eliott fait une petite chute en chemin. Dawson tombe dans l’eau la tête la première. On rentre un peu amochés mais heureux !

This is adventure ❤

En venant ici, on voulait s’approcher du lac Malawi, on évoque le tuktuk, mais ce sera les bodas bodas pour le plus grand bonheur de Sacha. Un peu plus d’une heure de chemins et routes nous séparent d’une super baignade : vagues dans cet immense lac au bord des montagnes. On grignote les cacahuètes, pastèque, oeuf proposés sur la plage, agrémentés de frites et coca trouvés par Médy ! C’est d’ailleurs dans cette région du pays que l’on mange les meilleures frites ! L’huile de palme produite dans les parages doit y être pour quelque chose. Sur la plage, on croise des familles, des groupes d’amis, des représentants locaux. Y’a de la vie ! Beaucoup ne savent pas nager et restent sur la plage. Les rouleaux sont puissants et les retournent comme des crêpes ! Tout le monde rigole !

Petit coin de paradis : Matema !

En rentrant, Daniel nous propose de rejoindre un village voisin pour assister au rassemblement de danses traditionnelles. On est un peu fatigués, on hésite 30 secondes, mais les enfants ont dormi sur le retour, ils sont plein d’énergie, on y va ! On arrive en boda-boda au coeur d’un moment fort à vivre.

Les 2 frères complices quand il s’agit d’être en boda-boda !

Trois groupes se succèdent en dansant en tenue actuelles, avec des gestes et instruments ancestraux. Le mot mzoungou nous suit partout. Daniel filme, on sait pas trop si on se fait enguirlander ou juste défier. J’ai ma technique, sourire et dire assanté sana. C’est ce que je ressens au fond de moi, quelle que soit ton intention envers moi, merci de m’accepter pour vivre ce moment. C’est d’ailleurs ce qu’un des danseurs qui parle anglais me dit : enjoy yourself & be in love with your man, father of your beautifull childs.

Danseurs : un officiel chinois et un agent de la CPAM !

Le lendemain, nous allons marcher jusqu’à une rivière d’eau chaude. En chemin, Daniel repère un monsieur et ses enfants affairés autour d’une presse en bord de route. Ils sont en train d’extraire de l’huile des graines de palmiers. La tâche est difficile, Sacha propose son aide spontanément. Tout le monde apprécie de voir comment cette huile est produite ici, à la force des bras !

Huile de palme, huile de coude !

Quelques centaines de mètres plus loin, la fameuse rivière avec les sources d’eau chaude autour. Malgré la température à 50 degrés au jaillissement, on préfère marcher dans cette eau que sur les rochers brûlants. Ce moment nous fait un peu penser aux marches avec Mahanyu. La baignades est très chouette, même si on se sent observés par les enfants. Bon on avoue qu’on les observe aussi !

Rivière chauffée

Ce n’est pas Hamza qui nous récupère sur le chemin, mais nos conducteurs de boda-boda, qui nous emmènent à une cascade de basalte grandiose. Médy pense a la chaussée des géants, en Irlande du nord. Mais là on peut aller se baigner ! Ce petit cirque de paradis est complété par une plage de sable fin où Eliott a pieds et un bosquet de joncs colonisés par les oiseaux jaunes au nid si caractéristique. On serait restés des heures si on n’avait pas le dala-dala qui nous attend à Tukuyu pour nous ramener à Mbeya le soir même …

Mais où est le petit Médy ?

Vous l’aurez compris, on vous conseille ce petit coin de paradis avec Daniel, loin des circuits touristiques habituels. On a été surpris de vivre autant de choses fortes en si peu de temps. Merci Daniel, merci la Gwankaja farm lodge !

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