Attention, voici un article très égoïste : je tente de décortiquer mes sensations après 2 mois de Tanzanie.

D’abord, 2 mois, cela ne suffit pas pour découvrir la Tanzanie : il nous reste tant d’endroits inexplorés qui nous font encore envie. Dans le désordre : Dodoma capitale centrale, Mwanza au nord ouest, Kigoma à l’ouest, les parcs du centre, les plages du sud est, Pemba… Et des endroits déjà visités qu’on aurait envie d’explorer encore plus…

Il y a des instants de vie qui resteront gravés en nous. Le bonheur des enfants sur les genoux de Innocent, le dernier repas partagé avec Sylveri, la force de l’instant éphémère où on observe un animal sauvage, la lune de Jambiani, les 3 sorties en canoë, dont 2 dans la mangrove, les vagues, le bonheur de Sacha qui sait nager, le courage d’Eliott qui se défini comme un grand pirate, les parties de foot endiablées avec tant de personnes croisées, Daniel et Dawson en particulier. Le foot-bouteille avec les enfants qui sortent de l’école en attendant le dala-dala. Le snorkling avec cap’tain Bwana et capt’ain Saïdi. Les courses vers les crabes qui se cachent. Les marches avec Mahanyu et Richard. La centaine de voyage en tuktuk-badjadj. Ceux plus rare en boda-boda. Le jackfruit au bord de la ferme à épice.

Voyager, c’est se chercher ailleurs ? Se voir dans le regard des autres ? Sentir ces choses inhabituelles qui nous font vibrer ? Ce paysage époustouflant, le repas du martin pêcheur, cette danse qui nous met en transe rien qu’en la regardant, la posture si digne des femmes qui travaillent, la patience dont je manque tant qu’il me faut éprouver face à la réalité du temps nécessaire pour faire un repas. L’abnégation des douleurs du corps en dala-dala. Tous ces « are they twins ? », « French ? Bonjour, comment ça va ? », « Mbappé ». Eliott qui se cache en se serrant contre moi le plus fort possible quand une femme veut le prendre dans ses bras. Et le jour surprenant où il accepte les genoux d’une autre femme dans le dala-dala.

Voyager, cest aussi des choix. Pourquoi l’Afrique ? Pourquoi la Tanzanie ? Pourquoi la suite du voyage ? On ne sait pas toujours expliquer pourquoi on est là aux personnes qui nous questionnent. On est pas du tout là pour la richesse de vos sous sol. Ni pour ramener des objets « souvenirs » à la maison. Il pourrait y avoir des réponses toutes faites : pour découvrir le berceau de l’humanité, pour se préparer au changement climatique, pour voir des animaux sauvages, pour découvrir d’autres façons d’habiter le monde. Elles sont toutes un peu vraie. La vérité, c’est qu’on n’est expert en rien ici. On souhaite ouvrir notre esprit, accueillir les moments, répondre aux questions des enfants, accueillir leurs émotions. Passer du temps ensemble. Faire famille, ailleurs, en dehors du quotidien.

Et il y a des moments que nous voyons avec nos regards d’adultes occidentaux, dont on a pas envie de discuter devant les enfants. Cette très jeune fille enceinte. Mon malaise face à la mendicité. Ce coup de claquette, ce coup de bâton sur cet enfant. Cela existe aussi en France, meme si c’est plus caché. Il y a aussi le travail des enfants : ceux qui vendent des oeufs, ceux qui gardent un troupeau, celles qui vendent les oignons, celles et ceux qui font tourner le moulin à huile de palme. Sacha qui est heureux de les aider 10 minutes.
Certains adultes nous parlent de l’argent gagné pour pouvoir reprendre les études en conduisant un tuk-tuk par exemple : loué 20000 la journée, l’objectif est de gagner 20000 en retirant l’essence ! Lui veut être journaliste, il a du arrêter ses études pour aider sa famille, gagner sa vie, mais l’année prochaine si tout va bien, il se consacre à nouveau au journalisme. Lui a pris des leçons de français, il a choisi une autre école que l’Alliance française car elle était vraiment trop chère. Eux ont réussi a payer leur année pour être guide, ils espèrent mieux gagner leur vie en accompagnant les touristes, lui reprend l’année prochaine après avoir été financé par un institut hollandais pour une étude des oiseaux de cette montagne…

On parle de la chance de pouvoir payer sereinement toutes les personnes qui nous offrent un service. La chance d’aller a l’école tous les jours. Mais on voit aussi plein d’enfants jouer, rentrer de l’école, observer, être heureux, et Sacha essaie parfois de les rejoindre, Eliott préfère souvent regarder !

Expliquer à Sacha pourquoi on nous appelle Mzungu. Lui qui, comme Eliott, adore saluer de loin toutes les personnes qui lui sourient ou l’interpellent. Lui qui accepte avec bonheur tous les Nipé Tano. Mais il n’est pas si à l’aise quand une dizaine d’enfants le scrutent.

Répondre aussi au pourquoi on mange des animaux ? Sacha qui aime maintenant les oranges et la pastèque, l’ananas et la mangue. Parler du régime végétarien avec bienveillance. Et Eliott qui comprends tout et dit que lui, il aimerait bien goûter du lapin à la crème et aux champignons. Oui oui, un des lapins qu’on a croisé a l’hôtel, ça lui va bien ! Est-ce qu’on aura l’énergie de devenir végétarien au retour de voyage ? Avant ?

Sentir aussi la Guyane toute proche 10 fois par jour. La chaleur, les arbres, les epiphytes, certains visages, certaines posture, la musique, la pluie, les fruits, le linge qui sèche, le barbuc, le piment, la danse, la poussière, les sourires. Les enfants en tenue scolaire, ou marchant libres dans la rue … Avoir envie de Saül et de descendre le Maroni. Mais aussi de descendre jusqu’en Sicile en train pour voir le volcan. Du froid et chaud de l’Islande et du rêve non exaucé de voir les aurores boréales.
Et aussi envie de profiter de tout ce qui va venir : demain, on change de pays. Partons à la découverte de la Zambie.

Merci Médy, pour ta patience et les choix courageux que tu nous fait emprunter. Je t’aime.
Merci Estelle pour cet article personnel mais tellement ouvert sur le monde qui vous entoure, sur les sensations et les émotions que provoque ce long et fabuleux voyage.
Merci à tous les deux nous partager votre vie de voyageurs du monde. 🤗❤️
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beaucoup de questions, certaines sans réponses, d’autres qui trouveront leurs réponses plus tard.
Ce n’est pas facile de se « mélanger » à un environnement qui n’est pas le notre mais la richesse que vous en retirer , restera pour vous et pour les enfants.
Du meilleur pour la suite
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J ai les larmes aux yeux je vous aimes 😍😘
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Quelle belle déclaration d’amour. Découvrir tous ces paysages, aller à la rencontre des autres, partager des repas et des jeux pour les enfants : quoi de mieux. Vous vivez une belle aventure qui vous ouvre l’âme et l’esprit.
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