Quelques jours dans un quartier du sud de Dar Es Salaam…

Nous ne trouvons pas de solution pour réserver le train pour Arusha en ligne, il nous faut donc repasser par Dar’. Le chemin par Pemba et Tanga ne semble pas faisable en train, seulement en avion.

On quitte donc le nord de l’île pour prendre le bateau depuis StoneTown. On se sent très à l’aise pour faire un signe aux motards qui nous amènent, enfants et sacs compris, jusqu’au daladala. On tient à vous faire-part de notre progression dans ce moyen de transport :

  • Étape 1 : attendre tout en étant vif quand le minibus ralentit
  • Étape 2 : se laisser porter… surtout pour le lieu de stockage des gros sacs qu’on embarque
  • Étape 3 : 10k, c’est le tarif, on sait préparer les sous pour être prompt à les donner dès le premier signe du copilote !
  • Étape 4 : Sacha s’endort dans les bras d’une autres passagère, pendant qu’on est a 6 (Eliott compris) sur 4 places dont un strapontin !
  • Étape 5 : Estelle prends sur ses genoux les enfants des autres !

Tout ça pour vous dire qu’on se sent heureux et à l’aise ! Peut être même un peu tristes de quitter cette belle île.

Dans ce terminal il n’y a pas de salles d’attente séparées entre étrangers et résidents (par contre les billets ont bien un prix différent, comme à l’aller), On entre en même temps que tout le monde mais on laisse la ruade pour les autres. Il n’y a donc plus de places aux fenêtres du bateau ! On décide de faire les foufous avec les enfants : se mettre à l’extérieur, face au vent et aux vagues sur ce speed boat ! C’est là qu’on est heureux d’avoir dans nos petits sacs : tour de cou, tapis-couverture de Justine et foulard dans la poche !

Sieste au grand air !

On sort du bateau aérés et fatigués, avec la nuit qui tombe. Notre futur hébergement est de l’autre coté de l’eau. À l’heure de pointe, c’est encore une heure de route pour y aller. On est contents d’avoir un chauffeur de taxi connu qui nous attend : on n’aurait pas été à l’aise du trajet emprunté avec un inconnu. Il y a trop de monde pour le ferry qui traverse la baie, on fait le tour par le pont. Le voyage commence à être long pour les enfants, et pas si facile d’arriver de nuit dans un nouvel hébergement.

Le lendemain, on se rend bien compte qu’on est très proche du centre ville en passant par le ferry : 15min de tuktuk, un peu d’attente, du jeu d’epaule pour obtenir un ticket de bateau… 10 min de ferry et nous voilà prêts à remplir notre mission. Acheter ces billets de train pour Arusha ! Le gérant de notre hébergement actuel n’est pourtant pas le premier à nous dire que c’est impossible, que ce trajet n’existe plus, mais on est têtus, on a vu des billets en ligne pour vendredi dernier.

Nouvelle passion pour Eliott : les tuktuks

Un jeune homme nous entend demander notre chemin à un tuktuk qui se repose. Il propose de prendre le tuktuk ensemble, et négocie la course. On comprends qu’on payera sa course comme cela. Il traduit pour nous, et c’est bien pratique ! En arrivant à la gare, on comprends que notre demande n’était pas assez claire, ils nous amènent a la gare du train électrique pour Dodoma, nous on veut celle tradi pour Arusha. Au moment d’expliquer ça, le temps de la traduction, on se fait arrêter par un policier qui n’a pas aimé la façon de conduire de notre conducteur. Il a pas l’air commode, et il prend le téléphone du conducteur. Les deux compères n’en mènent pas large, et tentent d’expliquer la situation. Le policier s’adresse alors directement à Médy.

Il nous fait la morale, sous forme de conseil : il n’y a pas de train. Il faut prendre le bus. Après avoir fait profil bas et dit oui oui, on repart : on va poser la question à quelqu’un de la gare du train électrique. Le train existe bien, c’est sûr, le gars de la guérite du parking nous l’a confirmé ! Mais d’où part-il ? Médy avait repéré un endroit qui lui parraisait correspondre mais il n’était sûr de rien. Après plusieurs zigzags, des questions entre tuktuk, on se retrouve au départ des trains de marchandise pour Arusha, la fin d’une voie de garage. C’est une mauvaise piste, mais ici, ils savent bien d’où partent les passagers ! Il est presque midi quand on sort de la gare bredouille : les tickets ne s’achètent que 48h à l’avance !

C’est pas grave, on reviendra mercredi. Cela conforte l’envie de se poser un peu. Sacha a envie de faire son premier exercice d’école. Une bonne grosse lessive aussi ferait du bien. Après une simulation du périple pour rejoindre Mafia Island, c’est décidé, on prolonge nos nuits au sud de Dar’. Les gérants nous proposent de visiter un autre chalet, peut être un peu plus confortable. En effet il nous plaît, le déménagement est rapide : de la 29 à la 24. Même si les deux cabanes se ressemblent, on trouve bien plus de 15 différences avec Sacha. Le seul bémol, c’est qu’ici on croisera plus de moustiques, un cafard et un galago « bush baby » ! Si Sacha et Eliott ont décidé de se déguiser en cafard au prochain Halloween, je crois que c’est Médy qui a eu la plus grosse frayeur en tombant nez à nez, en pleine nuit, avec ce petit primate dans notre armoire !

Nos primates à nous

Après le jeu des “ch” pour Sacha (où il lui semble indispensable d’ajouter Charlotte, Charlie et Charline) on passe aux « gu » de guépard, aux « j » de girafe, au « rrr » de rhinocéros, au « L » de lion, au « b » de buffle, … Se poser c’est prendre le temps de se reposer en se couchant plus tôt, de préparer le safari avec les enfants, de recroiser plus longtemps des têtes connues. Et ça fait du bien !

Comme on prend la confiance, on défie un peu les règles. En arrivant, on nous avait conseillé de ne pas s’éloigner trop du « beach village ». En bons français, on s’en moque et on part voir du pays. Les locaux n’ont pas l’air de trop voir des touristes à pieds dans le coin ! Pas grave, ça nous fait du bien. Sur le chemin du retour on repère un bâtiment abandonné d’où vient du gros son. Ça rentre par voitures entières là dedans ! Le soir on en a bien la confirmation, il y a une belle free party dans ce bâtiment désaffecté.

Spectacle d’un matin

En plus, entre les mangoustes, les singes, les papillons et autres bestioles, on a des surprises tous les jours ! Et les couleurs du ciel ou de la mer changent aussi en fonction du temps, pluie, ciel bleu, vent, nuages… Les défilés de bateaux plus ou moins gros, dont une démonstration de pêche impressionnante. L’immense filet est jeté avec dextérité sur un grand périmètre. Des nageurs le ramènent jusqu’au bateau, puis finalement une démonstration de tir à la corde pour remonter la pêche… Sur une embarcation pas bien grande, à une dizaine, on se demande où sont « rangés » les poissons … J’aurai pas aimé être dans l’équipe adverse ! Et puis il y a aussi ceux qui pêchent à pieds. Au début, on dirait des “longe côte”. Puis on voit le filet apparaître à mesure qu’ils se rapprochent l’un de l’autre. Ça a l’air bien sportif de tirer ces filets là aussi.

Le lundi, on réserve un bateau pour visiter l’île de Sinda juste en face de « notre plage ». C’est dans une réserve marine, il faut montrer patte blanche avant d’embarquer (payer les frais d’entrée). Après avoir posé les pieds sur l’île, on part pour marche dans la forêt. On y croise des vestiges d’installations allemandes d’avant première guerre mondiale. Mais surtout, ce qui nous impressionne, ce sont les grands trous dans le sol. La roche est très calcaire, on a l’impression de voir les roches de la Charente vers Angoulême ! Sacha grimpe dans les bras du guide, qui fait la moitié du chemin pieds nus après la rupture d’une claquette. Pas moyen de le reprendre dans les bras, le guide ne se retourne même pas quand on lui propose … Le repas est inclus dans l’excursion. On déguste un excellent poisson grillé. Estelle qui le dépiaute avec ses doigts, se régale. Les arrêtes sont bleues, il est parfaitement assaisonné, on se demande bien de quel poisson il s’agit ! Après le repas, c’est parti pour du snorkeling. L’essai des palmes pour Sacha est un échec. Bien que ça le fasse bien rire (2 minutes) de marcher en canard, elles sont trop grandes pour lui, même avec les chaussures d’eau dedans. Au tableau des observations : un poisson rayé et un oursin ! Il y avait également de beaux coraux et des poissons jaunes. Sacha ressort de l’eau avec des étoiles (de mer ?) dans les yeux … et il s’endort bercé par les vagues du bateau sur le retour.

À la découverte de Sinda

Mercredi, direction le centre-ville pour tenter d’acheter ces fameux billets de train. Mais avant d’aller à la gare, nous faisons un crochet par la péninsule de Msasani. Nous consultons un docteur brestois pour Eliott qui se plaint d’une oreille. L’otite est confirmée… ce n’est pas si mal que nous quittions bientôt les plages pour éviter les baignades. On profite d’être dans ce quartier pour aller manger dans un resto-bar connu pour sa retransmission de tous les sports possibles. En arrivant, on cherche une âme qui vive pendant une petite dizaine de minutes. Une fois repérés, tout va bien… le poisson est très bon et nous goûtons enfin l’ugali. On dirait une polenta à base de riz. Les avis sont partagés … « moins crémeux que la polenta » selon Médy, « moins gluant» (avec une grimace) selon Estelle. Ça se laisse manger mais la portion est bien trop grosse pour nous. Et les frites ont plus de succès !

C’est l’heure, en route pour la gare ! Le badgadgi (tuktuk en swahili) nous dépose juste devant. Les enfants ont fait une petite sieste mais se réveillent en descendant. Estelle s’assied avec les enfants sur un banc. Médy prend les passeports et se dirige vers les guichets. Au comptoir, dès la première question, la dame comprend qu’elle a tiré le gros lot. Elle rigole, se tient la tête dans les mains puis appelle un collègue. Au bout de 30 minutes, il lui tend les 4 passeports. Commence alors la visite de la gare. Le monsieur contourne le guichet pour aller faire le paiement (il fait donc tout le tour de la gare pour rejoindre Médy). Ils vont voir une dame à une petite table… c’est elle qui gère les sous. Pendant ce temps, Estelle discute avec des familles et se fait même filmer par des dames. Après le paiement, le monsieur de la gare embarque Médy carrément de l’autre côté des guichets. Encore une bonne vingtaine de minutes et nous avons les billets ! Rendez-vous vendredi à 18h30 pour embarquer dans le train ! L’arrivée est estimée à 10h le lendemain… mais il vaut mieux prévoir un peu de place pour les aléas ! Affaire à suivre !

On a les billets !

3 commentaires sur « Quelques jours dans un quartier du sud de Dar Es Salaam… »

  1. bravo !! Quelle ténacité.👀

    chapeau bas !!

    quel beau voyage mais non sans difficulté.

    Bravo👏👏👏 bravo.

    ps . Idée pour le son J

    jaguar, jaco, ou jazzy mosquito 😅

    gros bizzouxxx 🥰🥰

    Aimé par 1 personne

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